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Chine et Inde : la difficile réduction de leur dépendance au charbon

La Chine et l’Inde ont pris des mesures pour tenter de développer les énergies renouvelables. Cependant, leurs besoins énergétiques sont tels qu’elles sont toujours trop dépendantes de leurs centrales à charbon. Retour sur la situation énergétique dans ces deux pays.
Par Actu énergie
8 Juil 2022

L’Inde et la Chine comptent parmi les plus gros pollueurs de la planète. Devant cette situation alarmante, leurs gouvernements tentent de développer les énergies renouvelables afin de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais la mise en place de mesures qui vont dans ce sens est relativement difficile sans impacter la sécurité énergétique des pays car il faut satisfaire leurs importants besoins en électricité.

La peur d’un blackout chinois

La Chine est le plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre. Mais c’est également le plus gros producteur d’énergies renouvelables au monde !

Les autorités prennent des mesures pour produire une énergie plus propre et de lourds investissements traduisent leur volonté de réduire leur empreinte carbone. Ils veulent doubler leur production d’énergie solaire et éolienne d’ici 2025. Rien que cette année, plus de 4 milliards d’euros ont été investis dans le développement de ces énergies renouvelables, comme par exemple le déploiement d’immenses parcs de panneaux solaires au Xinjiang ou l’installation d’éoliennes marines au large de la province du Shandong.

Cependant, la Chine reste dépendante du charbon car il lui assure une sécurité de production d’électricité. Le pays ne veut pas subir des gigantesques coupures de courant comme ce fut le cas à l’automne dernier. Des milliers d’usines se sont retrouvées à l’arrêt et des millions de Chinois ont été impactés.

Ainsi, pour ne pas être victimes de nouvelles coupures et priver la population de chauffage, les autorités chinoises ont autorisé la construction de nouvelles centrales électriques au charbon. La banque centrale a d’ailleurs approuvé un crédit de 15 milliards de dollars pour financer de nouvelles extractions de charbon et le Premier ministre Li Keqiang a réaffirmé que le charbon constituait la base de la sécurité énergétique du pays. Un retour en arrière qui va à l’encontre des dispositions prises pour réduire les émissions de carbone.

Une utilisation limitée de l’énergie solaire en Inde

Avec près d’1,4 milliards d’habitants, l’Inde est le 3ème plus gros émetteur de gaz à effet de serre de la planète. Sa population s’enrichit et de fait elle rejette de plus en plus de GES, un vrai problème à gérer pour son gouvernement.

Problème, les ¾ de l’électricité du pays sont produits à partir de charbon, qui est la principale source d’émission de gaz à effet de serre en Inde. Les centrales à charbon rejettent en effet un tiers des émissions indiennes.

Le gouvernement indien s’est engagé lors de la COP26 à Glasgow l’an dernier à atteindre 50% d’énergies renouvelables d’ici 2030. Un objectif qui semble atteignable car elle dispose d’ores et déjà de 40% d’énergies renouvelables installées, grâce notamment à un très vaste parc photovoltaïque implanté sur tout le territoire. Malheureusement l’énergie solaire est trop chère et difficile à stocker, ainsi les panneaux photovoltaïques sont sous-utilisés et donc l’électricité reste principalement produite par les centrales à charbon.

Afin de limiter la pollution des centrales à charbon et pour maintenir leur efficacité, l’Inde investit dans leur entretien. Mais leur fermeture n’est pas envisagée, elles vont donc continuer à fortement polluer, malgré les alertes des spécialistes de l’environnement.

 

La situation énergétique de ce deux pays est donc très complexe : s’ils souhaitent effectivement développer les énergies renouvelables et baisser leur émissions de gaz à effet de serre, ils ne sont pas prêts à abandonner le charbon. Dans ce contexte, les objectifs fixés par l’accord de Paris sur le climat sont-ils réellement atteignables ?

Sources

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