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Eoliennes en mer, pourquoi ça coince?

Le développement de l’éolien offshore doit contribuer à la transition énergétique de la France et à augmenter sa production d’électricité renouvelable. Pourtant, les projets de parcs éoliens en mer sont à la traine et notre pays accuse déjà du retard sur ses voisins européens. Forte mobilisation des opposants, manque de consultation préalable et problème de planification… Les explications.
Par Actu énergie
12 Juil 2023

Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la France va devoir considérablement réduire sa consommation d’énergies fossiles dans les prochaines décennies, mais aussi dans le même temps augmenter sa production d’électricité. D’après les prévisions de RTE, notre pays devra doubler sa production d’électricité renouvelable d’ici 2035, tout en maintenant sa production nucléaire, pour répondre à tous les besoins.

Le Président de la République, Emmanuel Macron, veut donc massivement investir dans les énergies renouvelables. L’énergie éolienne et particulièrement les éoliennes en mer doivent permettre à la France d’accélérer sa transition énergétique et sa production d’une électricité « propre ».

Objectif : produire 40 gigawatts grâce à l’éolien offshore d’ici 2050

Pour assurer une forte production électrique, les éoliennes offshore sont bien plus efficaces que la version terrestre. A puissance installée égale, elles produisent 2 fois plus d'électricité. En effet, le vent est beaucoup plus constant au large des côtes et il est donc possible d'installer des éoliennes plus puissante.

Le chef de l’Etat veut donc miser sur ces éoliennes en mer et il ambitionne une production de 40 gigawatts (GW) grâce à l’éolien offshore d’ici 2050, soit l’ouverture d’environ 50 parcs éoliens en mer.

La France prend du retard sur ses voisins européens

Les premiers projets de parcs éoliens en mer ont été lancés il y a déjà 10 ans. Le premier et seul parc éolien offshore en activité en France n’a a été inauguré qu’en 2022 à Saint-Nazaire, en présence d’Emmanuel Macron. 80 éoliennes produisent de l’électricité renouvelable pour une puissance installée d'environ 500 mégawatts (MW).

Si l’inauguration du premier parc éolien offshore est encourageant, la France est très en retard par rapport aux pays européens. Le Royaume-Uni possède déjà une puissance installée avec ses éoliennes offshore de 14.000 MW et l'Allemagne de 8.000 MW

Il devrait y avoir en effet 8 parcs installés dans l’Hexagone pour une puissance d'à peu près 4.000 MW. Ces parcs devaient initialement être installés et raccordés entre 2018 et 2020… ils ne le seront qu’à l'horizon 2030 !

Mais alors comment expliquer ce retard ?

De nombreux opposants aux projets éoliens

De nombreuses associations s’opposent depuis des années aux éoliennes en mer. Elles s'interrogent sur l'utilité de leur construction et dénoncent les nuisances engendrées par leur installation : le bruit, l’esthétique, l’impact sur les fonds marins et sur les oiseaux, comme le dénonce Robert Ployart, président de l'association des Gardiens du large, opposée à la construction d'éoliennes offshore.

Les pécheurs et les associations de défense de l'environnement, comme l'ONG Sea Sheperd, craignent que les éoliennes affectent la biodiversité marine et tuent des oiseaux avec les pâles. Les opposants reprochent également l’intermittence de l’énergie produite.

Ils ont déposé de multiples recours en justice contre les projets de construction de parcs éoliens offshore, entraînant des retards considérables. Un « courant anti-éolien extrêmement structuré et organisé » et qui s’opposera à tout projet éolien sur le territoire français, nous affirme Michel Gloria, délégué général de France Energie Eolienne (FEE), une association de défense de l'énergie éolienne.

Le manque de planification et l’absence de consultation préalable ont joué contre l’acceptabilité des éoliennes. Lorsque les appels d’offres d’éolien en mer ont été lancés, les populations et collectivités n’avaient pas ou peu été consultées. D’où l’inquiétude de ces « riverains » et acteurs de la mer.

L'Etat vient de lancer un processus de planification par façade maritime, avec un débat public à l'automne 2023, afin d'établir pour 2024 une cartographie des zones d'implantation. Et peut-être enfin faire décoller le développement de l’éolien offshore, qui a pris tant de retard.

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