Mots-clés :

Italie : retour au nucléaire domestique ?

Le 9 mai dernier, les députés italiens ont approuvé la motion qui prévoie un retour possible du nucléaire dans le mix énergétique italien. Abandonnée depuis plusieurs dizaines d’années, la production nucléaire domestique permettrait à l’Italie de résoudre son problème d’indépendance énergétique, tout en favorisant l’objectif de neutralité carbone.
Par Actu énergie
2 Juin 2023

En 1987, un an après la catastrophe de la centrale de Tchernobyl, les italiens avaient voté par référendum l’abandon du nucléaire. En 2011, un nouveau référendum avait confirmé le rejet de l’atome par nos voisins transalpins.

Pourtant, plus de 35 ans après, le nucléaire pourrait faire son retour sur le sol italien. Le gouvernement de Giorgia Meloni y est favorable et souhaite relancer la production d’électricité nucléaire pour soutenir son mix énergétique fragile et dépendant de ses importations.

Dépendance au nucléaire français

L’Italie ne produit plus d’énergie nucléaire sur son territoire, en revanche elle en consomme chaque année. Une part importante de cette énergie nucléaire provient de France. En 2022, l’Italie était d’ailleurs le premier pays vers lequel la France exportait son électricité avec 18,4 TWh, majoritairement issue de la filière nucléaire.

Selon RTE, « la France exporte presque en permanence » vers son voisin italien depuis les années 1980. Soit depuis la fin du nucléaire italien. Au total, les importations italiennes représentent régulièrement plus de 10% de la consommation nationale, signe de sa dépendance énergétique vis-à-vis de ses voisins, dont la France.

De plus, la production électrique italienne est dominée par la production thermique fossile (65,1% en 2021), dont une grande majorité est issue du gaz naturel (48% du mix énergétique total avec 136,2 TWh). Une méthode de production d’électricité plus coûteuse que l’électricité nucléaire produite dans l’Hexagone. Les énergies renouvelables ne représentaient en 2021 que 25% (70,3 TWh) de la production électrique italienne, auxquelles s’ajoute l’hydroélectricité produisant 16,5% (48 TWh).

Retour du nucléaire pour résoudre son problème d’autonomie énergétique ?

Conscient de l’importance de regagner son indépendance énergétique, le gouvernement italien pousse pour un retour au nucléaire domestique. L’approbation par la chambre des députés de la motion prévoyant un retour possible du nucléaire dans le mix énergétique italien est une première étape.

Aucun projet n’a encore été validé par le gouvernement mais le vote du texte va lui permettre d’évaluer l’opportunité de développer une filière nucléaire italienne et d’envisager la construction de futures centrales nucléaires.

L’Italie a d’ailleurs participé en mars dernier à la réunion sur l’énergie nucléaire organisée par la France en marge du Conseil de l’énergie de l’UE en cours à Bruxelles. Un signe fort de la volonté de Georgia Meloni et son gouvernement d’investir pour le nucléaire italien et de coopérer avec ses partenaires européens pro-nucléaire au sein de l’ « Alliance nucléaire ».

 

Intégrer le nucléaire dans le mix énergétique national comme source alternative décarbonée sera bénéfique pour l’Italie, à la fois pour sa souveraineté énergétique, mais aussi pour la production d’une énergie propre et l’atteinte des objectifs de décarbonisation fixés par l’Union européenne. Les prochaines annonces seront attendues pour connaître les traits de la stratégie du gouvernement italien pour relancer la production nucléaire sur son sol.

Sur le même sujet

Quels déchets peuvent être valorisés pour produire de l'énergie ?

La "valorisation énergétique" est une nouvelle notion apparue il y a quelques années et qui prend de plus en plus d’ampleur dans le contexte actuel de crise énergétique. Elle représente la récupération et la valorisation des déchets dans le but de les transformer en énergie. Des procédés vertueux pour l’environnement, pour l’économie locale et circulaire et pour réduire nos dépenses énergétiques. Le point sur les différents déchets pouvant être valorisés.

COP28 : un accord mais pas de « sortie » des énergies fossiles

La COP28 de Dubaï s’est enfin terminée le 13 décembre par un accord sur une transition énergétique « hors » des énergies fossiles. Un accord certes historique, mais qui ne prévoit pas formellement une sortie ou une élimination progressive des énergies carbonées. Retour sur cet accord conclu entre les pays du monde entier.
1 2 3 26
Le site d'information pour les professionnels de l'énergie.
© actuenergie.fr 2024 -
Mentions légales
-
CGU
-
Plan de site
userscrossmenu linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram